Ouvriers – Conscrits de la Marine 1803 – 1806

. Généralité :

Un arrêté des Consuls en date du 23 ventôse an XI (16 mars 1803) met 2 000 conscrits à la disposition de la marine sur la réserve de l’an IX et de l’an X pour le service des arsenaux de la Marine. Ils sont choisis parmi les charpentiers de bateaux et de maisons et, à défaut, parmi les scieurs de long, charrons ou menuisiers sur l’ensemble du territoire. (JM an XI/2 p. 416). Cette même année, La Grande Armée se forme au Camp de Boulogne, le 3ème du nom, afin d’envahir l’Angleterre. Les arsenaux, chargés, entre autre, de fabriquer la flottille, augmentent leurs effectifs d’ouvriers, dont beaucoup sont originaires des colonies ou de l’étranger.

A Brest, le port emploie une centaine de Guadeloupéens qui avaient participé, aux côtés des français, au rétablissement de l’autorité de l’île. Bayonne trouve facilement des ouvriers espagnols en Biscaye. Ces mesures préfigurent le projet d’un débarquement en Angleterre. Les départements qui doivent fournir ces hommes sont partagés en quatre divisions (Le tableau des quatre divisions est donné dans le journal militaire an XI/1 p 421 et 422), dont chacune est affectée à un port militaire :

Le nombre des compagnies d’Ouvriers conscrits (ou Conscrits-Ouvriers) sont de 20, réparties en quatre divisions, comme suit :

​C’est le ministre de la Marine qui assigne un numéro à chaque compagnie employée dans les arsenaux. Par exemple, la 16ème compagnie est signalée à Rochefort le 1er août 1803.

Composition de la 14ème Compagnie de Conscrits Ouvriers an XIV (1805)

(CC3 49 – 3E 1626)

​. Contrôle nominatif : 15,16 et 17ème compagnies d’Ouvriers militaires An XIII et XIV (1804 – 1805) (CC3 – 12 bis – 3E 1625)

. La 15ème Compagnie compte 4 classes d’ouvriers.

. Contrôle du 2ème Bataillon d’Ouvriers Militaires en 1803 : (SHM cote 3E 1622 – 1623)

Organisation :

Chaque compagnie comprend :

  • 1 Maître (entretenu), Chef.

  • 5 contre maîtres dont 2 charpentiers et 2 calfats.

  • 5 Aides dont 3 charpentiers et 2 calfats.

  • 100 conscrits.

Chaque compagnie est subdivisée en 5 escouades et chaque escouade composée de 20 ouvriers, commandée par 1 Contre maître et 1 aide. Le système de 1803 va se prolonger jusqu’à la réorganisation du décret du 15 janvier 1808.

Solde :

Les maîtres, contremaîtres et aides employés dans les compagnies touchent la solde qui leur est attribuée en raison de leur ancienneté ou de leur classe. Le salaire des ouvriers est le même que celui des ouvriers ordinaires, moins les retenues pour la nourriture et l’uniforme. Cependant, tout ouvrier qui exerce à la fois la profession de charpentier et de calfat touche un supplément de 10 centimes par jour.

Habillement :

Les Ouvriers Conscrits, portent le même habit que les marins soit :

  • 1 paletot de drap bleu national avec boutons timbrés d’une ancre et du numéro de la compagnie.

  • Pantalon ample de drap bleu ou blanc.

  • Chapeau rond dit à la matelote.

Les effets sont délivrés par le magasin général, et la valeur leur en est précomptée, par douzième, sur chaque paie mensuelle.

Fonctions et marques distinctives :​

  • Les Maîtres : Deux ganses d’argent sur l’épaule droite.

  • Les contremaîtres : Deux galons de laine blanche sur le bras droit.

  • Les Aides : Un galon de laine blanche sur le bras droit.

Subsistances :

Chaque Ouvrier - Conscrit reçoit par jour une ration de pain frais de 24 onces.

Aide sociale :

Tout conscrit malade ou accidenté est traité dans les hospices ou hôpitaux aux frais de la République.

Informations diverses :

Un esprit militaire anime les chantiers et les casernes. Les Ouvriers Conscrits servent dans les arsenaux le temps qu’il leur resterait à faire s’ils étaient dans l’armée, et leur département d’origine doit en principe désigner un remplacement lors de leur libération.

. Arrêté du 29 juillet 1803 :

Un second arrêté du 10 thermidor an XI (29 juillet 1803) prescrit d’appeler de la même façon 4 462 conscrits et leur assigne 14 destinations sur les chantiers de la flottille. (An.BB3 244). L’ingénieur maritime FORFAIT est nommé Général constructeur de la flottille, sous les ordres directs du ministre de la marine, le Contre amiral DECRES ou DE CRES. BONAPARTE dit : « Prenez partout le bois des forêts, Je veux une flottille d’environ 2 000 unités ! » A Paris, l’esplanade des Invalides se couvre de hangars et d’ateliers de toute taille. La rive gauche de la Seine est transformé en un vaste chantier de constructions navales que des milliers de curieux viennent voir. Les chantiers navals et les manufactures redoublent d’effort, encouragés par les « dons patriotiques ». Comme sous la Révolution , les souscriptions viennent au secours des caisses de l’Etat. Paris finance la construction de 90 chaloupes.

Les chantiers navals de la flottille :

Dans toutes les villes et dans les villages, ont fabrique des embarcations pour la flottille. Partout on entend des bruits de sciage et des coups de marteaux. On construit avec fièvre, non seulement au bord de la mer, mais à Paris, à St Germain, à Compiègne, jusqu’à Colmar et Strasbourg. Les bateaux à peine achevés descendent par les rivières et les canaux jusqu’aux fleuves et leur embouchure est là, direction Boulogne en rasant les côtes. A Boulogne on entasse les bateaux par 9 ou 10 rangs d’épaisseur et on remplit d’autres ports : Etaples, Wimereux, Wissant, Montreuil, Ambleteuse et plus au nord, Calais, Gravelines, Dunkerque, Nieuport, Ostende, Flessingue, la côte française monte jusqu’aux bouches de l’Escaut. On construit des chaloupes canonnières et des bateaux canonniers, en fait tous assez semblables. Il s’agit de petites embarcations de 20 à 25 mètres de long, gréés en brick ou en lougre, portant chacun 2 à 4 canons de divers calibres (12,18,24 et 36) et capable de transporter une compagnie d’infanterie. On lance aussi un grand nombre de péniches non pontées, marchant à l’aviron.

La demande d’ouvriers est pressante, de nombreux courriers de BONAPARTE en font état.

. Le 9 novembre 1803 (17 brumaire an XII) Boulogne :

BONAPARTE au Général MARMONT, 1er Inspecteur Général de l ‘Artillerie, Commandant en chef l’Artillerie des six camps.

« … Donnez ordre par un courrier extraordinaire à Douay, à une compagnie d’ouvriers complète de partir jeudi avec les outils qui lui sont nécessaire … à Boulogne où elle travaillera à la confection des affûts pour la Marine. … »

. Le 9 novembre 1803 (17 Brumaire an XII) Boulogne :

Lettre de l’Empereur adressée au Ministre de la marine.

« J’ai ordonné à l’artillerie de terre de remettre 50 chevaux à l’artillerie de marine. Le Citoyen SGANZIN * désirerait avoir 200 chevaux pour l’exploitation des forêts de Boulogne. J’ordonne à l’artillerie de la garde d’envoyer à Boulogne ces 200 chevaux qui seront remis à l’ingénieur de la marine. Bien entendu que ces 200 chevaux seront soldés … »

  • M. Joseph, Mathieu SGANZIN est Ingénieur des Ponts & Chaussées.

. Le 9 novembre 1803 :

Lettre de l’Empereur adressée au citoyen FLEURIEU* :

« Ordre d’envoyer à Boulogne des erminettes (sic), des haches, des fers de rabots et une grande quantité d’outils de toute espèce pour les menuisiers, forgerons et autres ouvriers employés au port. Etablissement de l’arsenal de la Marine dans la caserne de Boulogne. … »

  • Conseiller d’Etat chargé, par intérim, du portefeuille de la Marine.

Toujours à la même date, mais adressée au citoyen DIEUDONNE, Préfet du nord, pour lequel le 1er Consul ordonne d’envoyer à Boulogne 200 tombereaux et 200 ouvriers charpentiers ou menuisiers. Il est également demandé à l’Amiral BRUIX, commandant la flottille de Boulogne d’ordonner à l’artillerie de terre son concours pour transporter le bois à prendre dans la forêt de Boulogne, pour fabriquer des affûts et des bordages. Dans un ordre du jour daté du même jour, il est demandé à l’Entreprise GUILLAUME (Entrepreneur de Travaux Maritimes à Boulogne), de fournir 600 brouettes pour les travaux du port d’Ambleteuse.

. Le 12 novembre 1803 :

Il est demandé à l’Amiral BRUIX d’ordonner au Préfet de l’Ourthe de fournir 100 fourgons et à celui de Sambre et Meuse 50. A celui de l’Aisne d’en fournir 25 ainsi que 50 charpentiers et 25 menuisiers. Idem pour celui de Jemmapes. Toutes les demandes représentent 650 ouvriers dont 200 forgerons et 450 charpentiers, 600 voitures. A la 16ème division militaire il est demandé de fournir 4 000 brouettes et à l’artillerie 22 forges.

. Le 16 novembre 1803 :

Il est même décidé de former une compagnie d’ouvriers constructeurs de fours pour l’armée.

Personnages :

Vie quotidienne des ouvriers dans les arsenaux : Sujet en cours de développement.

Organisation des ouvriers et hiérarchie sur les chantiers :

La Maistrance :

La Maistrance désigne sur les vaisseaux les sous officiers de marine ou officiers mariniers, mais dans les arsenaux, la communauté des Maîtres, Contremaîtres et Aides sont sous les ordres des ingénieurs qui exercent l’autorité directe sur les ouvriers. La Marine entretient des maîtres d’ouvrages dans chaque corps de métier (Charpentiers, mâteurs, perceurs, calfats, cordiers, voiliers, forgerons, serruriers, armuriers, menuisiers, poulieurs, tonneliers, cloutiers, ferblantiers, chaudronniers et maçons), mais aussi des artistes commissionnés (Sculpteurs et peintres en chef), des maîtres de manœuvre et des pilotes lamaneurs pour conduire les mouvements du port. Se sont des agents titulaires de l’Etat pourvus d’un brevet qui leur confère une situation stable et un traitement annuel fixe. Il y en a environ une soixantaine dans chaque port. Toulon ne compte pas moins de 13 maîtres calfats entretenus en septembre 1807, mais l’on observe un certain déséquilibre entre les arsenaux dans la répartition de ces techniciens hautement qualifiés.

  • Les Maîtres : Ils interprètent les documents fournis par les ingénieurs et en assurent l’exécution.

  • Les Maîtres Charpentiers : Ils réalisent, à partir de données numériques, le tracé en vrai grandeur de toute les pièces de charpente dans une vaste salle prévue à cet effet, appelée Salle des gabarits. Ils dessinent le profil du maître couple, puis des autres couples et déduisent, en prenant des équerrages, le contour des arêtes extérieures des différents éléments. Ils en tirent des patrons en planches minces, les gabarits, que les ouvriers vont utiliser pour façonner le bois (Jean BOUDRIOT. Vaisseau de 74 canons)

Admirés pour leur « géométrie naturelle » et leur expérience, on leur reproche une certaine incapacité administrative, leurs difficultés à rendre des comptes exacts des consommations de matières et d’emploi de la main d’œuvre. Les maîtres distribuent le travail aux ouvriers et ont tendance à se retirer pour confier la surveillance à des contremaîtres assistés d’aides -contremaîtres appelés simplement « Aides » dans la langue usuelle.

Les spécialités :

Les travaux des arsenaux se décomposent en multiples opérations qui font chacune appel à des techniques manuelles différentes, des arts mécaniques qui constituent l’essence du métier des ouvriers du port. Beaucoup de professions se pratiquent aussi en ville chez l’artisan, mais les chantiers navals ont l’exclusivité de quelques spécialités propres à la marine.

  • Le Charpentier de marine : Il s’agit d’un ouvrier qualifié chargé d’exécuter le façonnage des pièces de bois et de procéder à leur assemblage. Néanmoins, ils respectent toujours les règles et les étapes de la construction. Travail (Voir page 119)

  • Le Perceur : La fixation des éléments de charpente, les liaisons du bâtiment sont l’affaire des perceurs. Ils ouvrent des trous dans la coque au moyen de longues vrilles qui mesurent parfois plus de quatre mètres. De grosses chevilles de bois ou en métal y sont introduites pour rendre solidaires les parties traversées. Un perçage bien conduit exige beaucoup d’adresse pour éviter les déviations et la rencontre des chevilles. L’exercice est difficile, incommode, parfois dangereux. Notons l’importance de la tâche : il faut près de 60 tonnes de clous et de chevilles pour un vaisseau de 74 canons.

  • Le Calfat : Ces ouvriers sont responsables de l’étanchéité du navire. Les calfats colmatent tous les interstices de la carène. Ils écartent le joint à l’aide des bordages et y insèrent plusieurs cordons d’étoupe qu’ils enfoncent à l’aide d’un instrument en fer sur lequel ils frappent avec un maillet ou une masse. Ils couvrent ensuite ses coupures d’un enduit liquide bouillant, le brai gras, qui durcit en se refroidissant, empêchant l’eau de pénétrer et préservant l’étoupe de la pourriture. Les calfats vérifient également que les trous des perceurs ont bien reçu leur garniture et remplissent d’étoupe l’entourage des têtes de chevilles ou de gournables (Chevilles en bois). Parmi leurs attributions, ils entretiennent les pompes et posent le doublage en cuivre sur les œuvres vives des coques. A l’occasion des radoubs, ils chauffent les carènes et sondent les piqûres de vers (Les tarets).

La classe des calfats a tendance a s’éteindre parce que le métier est ingrat. Il est également malsain à cause de l’infection ordinaire des carènes et de l’insalubrité des bassins dans lesquels on les chauffe. La transition du chaud au froid provoque des maladies ; la saleté entraîne aussi une usure importante des vêtements. Un contemporain écrira : « Il ne reste au calfat que l’inconsidération attachée à son extérieur peu attrayant, à un certain air d’imbécillité qui tient de l’exercice même de son état. Le bruit du maillet durcit son oreille et le rend comme hébété, par conséquent bientôt le jouet de tout ce qui l’entoure …" » Les candidats n’affluent pas pour s’engager dans une profession « qui souille le corps et abrutit l’esprit »

A Boulogne, la condamnation d’un navire de transport donne lieu à la création d’une école de calfatage

Professions attachées à l’armement des navires.

  • Les Cordiers : Ces ouvriers dégagent les fibres de chanvre des écorces qui subsistent (espadage), puis les peignent avec une carde pour les purger de leurs impuretés. A l’issue de cette manipulation pénible et fatigante, les cordiers filent les brins pour confectionner un fil dit de caret. Ils réalisent des cordages de différentes grosseurs en réunissant par une torsion convenable des cordons obtenus également par le tortillement de plusieurs fils de caret, mais dans le sens opposé. Cette opération, qu’on appelle « commettage », s’accompagne d’une imprégnation de goudron végétal pour préserver les cordages de l’humidité.

Toulon emploie 63 hommes au peignage, 12 hommes à chacune des 6 roues à filer et confie aux forçats l’essentiel du commettage qui s’effectue dans un bâtiment de plusieurs centaines de mètres. A Anvers, les hommes du filage passent pour grossiers, d’après le commissaire TIROL, et très attachés à leur système de travail.

  • Les Poulieurs : Ils fabriquent au tour les réas qu’ils montent sur des essieux dans des caisses munies d’ouvertures mortaisées.

  • Les voiliers ou voilières : Ils taillent des laizes de toile, les cousent et les renforcent avec des ralingues de cordage pour obtenir les voiles de formes et de dimensions voulues. Elles sont ensuite enverguées et pourront être manœuvrées au moyen de gréement. Dans les arsenaux de nombreuses épouses de marins et d’ouvriers sont employées dans les ateliers de voilerie. . .

. Formation des ouvriers :

Beaucoup d’ouvriers ont acquis leur métier à l’expérience d’une longue fréquentation des chantiers. C’est « sur le tas » qu’ils se forment et se perfectionnent dans leur spécialité.

L’ingénieur ROYOU ne tarit pas d éloge sur l’instruction traditionnelle des ouvriers militaires et dira : « La marine reçut de suite des hommes de 20 ans, presque tous fils d’artisans aisés et industrieux. Ces jeunes gens connaissent plus ou moins la charpente civile, fort en dessous, à la vérité, de la charpente des vaisseaux, mais leur intelligence, l’habitude qu’ils ont du tracé en général, leur font faire des progrès rapides dans l’architecture navale ; ils arrivent tard dans les ports quand on les compare aux ouvriers civils qui ordinairement y reçoivent la naissance, mais ceux-ci n’ont qu’une marche débile, les autres vont à pas de géant et ne tardent pas à laisser loin derrière eux ceux qui les avaient précédés dans la carrière ! »

Pour les travaux de longue haleine, les ingénieurs préposés au chantier d’un bâtiment répartissent en différentes équipes les ouvriers et apprentis de même profession. Un contremaître et un ou deux aides dirigent généralement des groupes de 30 à 40 personnes, appelés indistinctement compagnie, section ou escouade, bien qu’ils soient encore considérés comme des civils.

. Discipline dans l’arsenal et sur les chantiers :

La discipline générale de l’arsenal repose essentiellement sur l’autorité qu’exercent les ingénieurs, les maîtres, les contremaîtres et les aides dans leur fonction respective. Les ouvriers « seront tenus à la subordination et à l’obéissance envers eux en tout ce qu’ils commanderont pour le service » précise le décret du 18 janvier 1793. Si la marine n’est pas l’armée, l’arrêté du 7 ventôse an XI accentue par la rigueur et son vocabulaire le caractère militaire du régime des chantiers. Le ministre prescrit de faire exécuter les articles concernant la désobéissance ou la désertion. Les entorses à la discipline constituent toujours un motif de licenciement. La « police » des ouvriers appartient aux ingénieurs qui les dirigent.

. Punitions : Sujet en cours de développement.

. Appels du matin :

Chaque matin, après la sonnerie de la cloche de l’arsenal, des Commis aux appels viennent constater, sur les chantiers et dans les ateliers, la présence effective des ouvriers. Ils relèvent le nom des absents sur un petit cahier, appelé dans la Marine le « Casernet ». Chaque matin, 2 catégories d’ouvriers se présentent : Ceux qui rejoignent directement leurs ateliers parce que leur spécialité les attachent à un local approprié : Corderie, forge, avironnerie, barrilerie, mâture, chaudronnerie, gournables, clouterie, poulierie, étouperie, cadrannerie etc. Il y a aussi l’atelier des boussoles, celui de la ferblanterie, vitrerie, tournerie, voilerie, armurerie, balancerie, les pompes, taillanderie, sculptures, serrurerie, tonnellerie etc., et ceux dont la destination et périodiquement reconsidérée d’après l’état des travaux : Charpentiers, perceurs, calfats, scieurs de long, menuisiers, peintres, maçons de cuisine, journaliers etc. Un ouvrier charpentier peut être affecté au sciage, à la recette des bois, à la couverture des cales et des bassins ou dans n’importe quel atelier où l’on façonne du bois.

. Hommage à rendre lors des visites impériales :

Le programme martial fait des arsenaux un théâtre bien différent des usines ordinaires. A l’arrivée de l’Empereur, le vaisseau amiral et toutes les batteries de la rade tirent quatre salves et arborent leurs pavillons. Le Préfet maritime et ses chefs de service doivent se tenir à la grille pour présenter les clefs. Toutes les troupes de marine sont mises en bataille à l’intérieur, de part et d’autre de la porte. Les sous officiers et soldats présentent les armes, les officiers et les drapeaux saluent pendant que les tambours battent « aux champs », les ouvriers civils sont absents de la fête, mais c’est à leur travail que l’Empereur viendra, éventuellement, les voir. (AN BB3 181, fol 338)

Année : 1804

. Le 1er janvier 1804 : Une escouade d’une vingtaine d’Ouvriers part de Brest pour se rendre au petit port de Saint Valéry sur Somme, afin de renforcer les équipes qui construisent des engins et des embarcations pour le débarquement en Angleterre.

. Personnalités :

Bien qu’ils soient déjà organisés en compagnie, les Ouvriers-Conscrits prennent une nouvelle appellation plus conforme à leur emploi.

« Compagnies d’Ouvriers militaires de la Marine & des Arsenaux ». (AN CC3)

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