Brouage


OMM havresac

Rapport du Sergent « Tire-Bourre ».

Chef de la 1ère batterie, 1ère Compagnie du 3ème Régiment d’Artillerie de Marine.

Mission du 16 et 17 juin de l’an 18, Sise la Citadelle côtière de Brouage en Charente Inférieure.

Vendredi 15 juin :


« A quelques lieues de distance de la citadelle, moi, Sergent « Tire Bourre », premier canonnier d’marine de l’Empire, j’prends la liberté d’faire quelques tirs dans l’marais Charentais, histoire d’chauffer l’cul d’mes canons. »


18h30. « Arrivée de not’ Train d’artillerie devant ce qui fut, aut’fois sans doute, la porte monumentale de la citadelle. Nous sommes surpris de constater une béante ouverture dans le rempart, juste à son emplacement. Plusieurs maisons semblent ruinées, la population tente d’éteindre des incendies, tout le monde est affolé. Bref ! C’est la panique. Il s’est passé quelque chose de terrible avant notre arrivée. Qui a donc tiré sur Brouage ? Nous enquêterons. »

Nous faisons halte dans la prairie de la Halle aux vivres. Le campement des troupes de marine est déjà monté. « Fichtre Dieu ! Bien qu’la CSG n’existe point encore, not’ camp semble amputé d’une partie d’sa surface. Y manque au moins la moitié du tiers du quart, du terrain prévu ». « Dans l’dedans m’a tête j’pense : Diantre, coureuse de rempart, vérole de mouton…. Merde alors ! »


« J’me présente alors à la sentinelle de not camp. Voila qu’le planton y m’répond pas quand j’cause ! Hé, ho ! J’suis sergent le bleu ! J’veux l’secouer le mioche, et là, j’comprends tout ! Normal que j’me dis après un long moment d’réflexion! J’constate qu’il est … en bois. L’est rusé l’commandant ! Plus loin, j’vois sa tente et j’me présente à lui comme à l’exercice, raide comme un refouloir. L’ingénieur est penché sous son bureau. Il cherche son binocle qu’il semble avoir perdu. V’la ti pas qui m’prend pour une cantinière et m’prend la main. Hé ho ! Que j’lui réponds, aussi sec ! Sergent Tire Bourre à vos ordres mon Commandant ! Il lève la tête, m’observe et m’donne les consignes, puis grommèle en continuant ses recherches. »


J’installe mes avant-trains, fais mettre les pièces à l’emplacement prévu, monte ma tente et détermine le périmètre de sécurité. Nota : « C’est curieux, mais devant la gueule de mes canons il y a du charroi métallique de couleur vert olive avec de grosses étoiles blanches peintes dessus. L’commandant, sans ses lunettes, à du s’gourer sur le plan. Mais les ordres, sont les ordres ! » Les chevaux sont menés à l’écurie sous bonne garde. En effet, la cambuse de la Garouille s’est renforcée d’une bodega provenant du port de Bayonne avec le quartier maître fourrier Campiston.

« Si on laisse faire, Chef, dimanche on rentrera encore à pince, comme y dit l’caporal Long Feu ! »



Samedi 16 juin :


9h00. Rappel des consignes et définition des missions de la matinée.


9h15. Rassemblement pour la manœuvre de « décrassage matinal » pour la piétaille. École du soldat et apprentissage du métier de canonnier matelot pour les autres.

. Vérification des poudres et cartouches auprès du Service des Poudres & Salpêtres.

Attribution : 9 Gargousses, 194 Cartouches, 77 étuis vides, et réserve de pierres à fusils.


10h30. Rassemblement pour défiler dans les rues de la citadelle, toujours encombrées de gravas. Beaucoup de monde à l’ouvrage. Tous nous questionnent : « Mais qui a tiré sur Brouage, qui disent les gens ?, la Gendarmerie maritime enquête toujours que j’réponds ! »


13h00. La cloche de la cambuse résonne : Déplacement en colonne, gamelles en main, sous la surveillance des sous officiers et officiers qui seront servis les derniers.


14h30. Reprise des activités sur le camp.


16h30. Exercice de tirs suivi du traditionnel baptême. Sont nominés : L’Ouvrier « Reste-en -Joie » et le Canonnier Vendéen « Compte-Boulets ». L’Ouvrier Sylvain dit « Mieux-vaut-Tard » a enfin achevé sa formation de canonnier matelot rejoignant ainsi l’élite des troupes de marine. Par le fait la tradition a été respectée.


18h30. Le tambour « Trusquin » bat la fin des manœuvres.


19h30. La cloche de la cambuse résonne : Déplacement en colonne, gamelles en main, sous la surveillance des sous officiers et officiers qui seront servis les derniers. Na!




Dimanche 17 juin :


9h00. Rappel des consignes et définition des missions de la matinée.


9h15. Rassemblement pour la manœuvre de « décrassage matinal » pour la piétaille. Ecole du soldat et apprentissage du métier de canonnier matelot pour les autres.


10h30. Rassemblement pour le défilé dans la citadelle. La rumeur populaire propagée par des pêcheurs du coin, laisse entendre que des coups de canons auraient été tirés des marais. « Bougre de cochon, que j’me dis ! C’est p’tète bin nous aut’ ! » « Silence tout l’monde que j’dis ! L’premier qui l’ouvre, j’y mets un bourre pif ! Vu, bande de moules ! »


13h00. La cloche de la cambuse résonne : Déplacement en colonne, gamelles en main, sous la surveillance des sous officiers et officiers qui seront servis les derniers. Re Na!


14h30. Reprise des activités sur le camp. Le sergent « La Gabelle » fait manœuvrer les marins. Le commandant cherche toujours ses binocles, mais aussi son « télégraphe Chappe portable ». « Y perd tout l’vieux, que j’me dis dans ma tête ! ».


16h30. Exercice de canonnage avec baptême de l’apprenti Ouvrier Jonathan dit « L’Cadet », ainsi qu’une nièce du commandant dite « Tayo » et une dame médiéviste qui passait par là. Bien fait !

A noter que l’appointée caporale Anaëlle, dite « Requiem » a achevé sa formation de canonnier matelot, rejoignant ainsi l’élite des troupes de Marine. Par le fait, les traditions « Gardechauviennes » ont été respectées.


17h30. Fin des manœuvres, démontage du camp. Attèlement du train d’artillerie avec … des chèvres réquisitionnées chez les médiévistes. Nos chevaux ont de nouveau disparu ! « J’vais faire un rapport au commandant sur ce sujet. Il le lira quand il aura retrouvé des « yeux », mais j’doute de son impartialité, y doit aimer l’saucisson d’cheval, bien qui s’en défende ! Je l’aurai un jour, je l’aurai ! Comme y dit l’aut’ ! »




Consommations : Suivant le rapport du Service des poudres & Salpêtres.

Canon : 9 tirs.

Fusils : 94 cartouches brûlées.

Pierre ou Silex : 1.




Et un grand merci aux cantinières et cantiniers (Malgré la perte de nos chevaux).

Veuillez trouver ici Mon Commandant la fin du rapport

Sergent Fred, dit « Tire Bourre »

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